Trois questions de mobilité

Interpellation de Sarah Turine au Conseil Communal du 22 octobre 2009 sur la mobilité douce à Molenbeek

Publié le jeudi 22 octobre 2009

Alors que se termine un été qui a permis à tous les promeneurs et à tous les amateurs d’une mobilité douce de profiter d’un ciel plus que clément, et que la journée sans voiture a connu un très gros succès malgré la suppression des animations sur Molenbeek, nous nous permettons d’amener ici trois points de réflexion et/ou interrogation sur la politique de mobilité à Molenbeek.

Depuis quelques mois fleurissent dans certaines communes en région bruxelloise les stations « villo ». Version bien améliorée du Vélib : en effet, entre autres défauts, ce premier système ne concernait que le territoire de Bruxelles-ville alors que Villo peut être présent sur tout le territoire de la Région. Il n’est pas encore présent dans toutes les communes mais vu le succès actuellement rencontré, il y a tout intérêt à le développer, à Molenbeek aussi.

Molenbeek jouxtant le centre et se situant, en tout cas dans sa partie orientale, en terrain plat, Villo pourrait permettre aux habitants de notre commune qui n’ont pas nécessairement de vélo de se rendre au centre à vélo, qui est de loin le système le plus rapide avant le métro, le bus et la voiture pour rejoindre le centre ville, ou pour se rendre à Molenbeek. Quand Molenbeek verra-t-elle fleurir ses stations villo ? Les permis d’urbanismes ont-ils tous été délivrés et où sont installées toutes ces stations précisément ? Quelles mesures complémentaires à cette pratique du vélo sont envisagées pour encourager le plus grand nombre à faire le pas ?

Mon deuxième point concerne la présence des quads en ville. Ce véhicule, si je ne doute pas du plaisir qu’il doit procurer à son conducteur, est tout à fait inadapté à la ville. Non seulement, il est particulièrement bruyant mais en outre c’est un véhicule de divertissement bien plus qu’un véhicule utile au déplacement en ville. Du coup, l’usage qui en est fait est tout à fait inadéquat aux zones urbaines et amène un danger certain pour les autres usagers de nos voiries. Faut-il ajouter qu’à la pollution sonore, s’ajoute bien entendu la pollution de l’air ? Plus lourd qu’une moto, il consomme beaucoup plus d’essence et ne transporte, à condition qu’on accepte déjà la torsion faite au mot déplacement, dans ce cas si fréquent pour le quad qu’il part d’un endroit pour y revenir rapidement, le conducteur ne s’amusant qu’à faire des tours… La conclusion nous paraît évidente, comme d’autres véhicules à moteur de divertissement (les karts,…) le quad n’a pas sa place en ville. Il faut donc trouver un moyen de l’interdire. La ville d’Anvers l’a fait, la ville de Bruxelles est en train d’étudier les possibilités juridiques pour le faire. Ne serait-il pas judicieux que Molenbeek suive ces exemples, quitte à informer les utilisateurs de quads des endroits où il peut être pratiqué en toute sécurité ?

Enfin, mon troisième point concerne la chaussée de Gand. L’année dernière, il a été voté de mettre la partie côté canal en sens unique pendant une phase d’essai de six mois. Quels sont les résultats de cette phase d’essai, un an plus tard ? Quels sont les avantages et les inconvénients constatés durant cette phase d’essai ? Et notamment en matière de mobilité douce ? En effet, S’il y a des pistes cyclables dans les deux sens, il apparaît que ce tronçon est plus dangereux qu’avant, les automobilistes ayant l’impression d’avoir toute la place et oubliant que les vélos peuvent circuler dans les deux sens, n’hésitent pas soit à se garer sur les pistes cyclables, en double file ou roulent sur deux bandes mangeant largement sur les pistes cyclables. Quel est aussi l’impact sur les rues avoisinantes, dans un contexte où la pression automobile ne fait que croître sur le centre historique de notre commune ? Quels sont aussi les résultats en terme de livraison ? L’impression étant que les camions ou camionnettes continuent en toute impunité à s’arrêter en double file plutôt qu’à utiliser des emplacements prévus à cet effet ?

Enfin, quelles seront les dispositions pour diminuer l’impact négatif de cette mise à sens unique (notamment les problèmes d’insécurité pour les cyclistes évoqués plus haut) ?

Sarah Turine