Souvenirs de campagne électorale

Marchés ou braderies constituent des lieux de rencontre avec les électeurs. Nous avons été présents dans ces espaces publics qui demeurent les lieux où la politique rencontre les citoyens. Tout le monde politique y vient, ou presque.

Publié le samedi 12 juin 2010
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Sur les marchés

Non, tous les partis politiques ne viennent pas sur les marchés du bas de Molenbeek ! Ceux qui n’aiment pas Molenbeek n’étaient pas là lors de la campagne de juin dernier, bien sûr ! Ces partis qui nous regardent de très loin et depuis les extrémités, de droites ne s’y intéressent vraiment pas... Lors de notre premier marché, nous avions un petit jeu à proposer aux passants. Un vote sur le thème « je suis fâché mais j’irai quand même voter ». On soumettait un bulletin avec des propositions à cocher sur les raisons de voter. Ceux qui ont pris part à ce jeu de vote dans la rue étaient au nombre de 31. Nombreux ont été ceux qui ont coché plusieurs cases. Cela fait que chacun a coché un peu plus d’1 case et demi ! Pour donner une tendance, j’ai dû faire quelques calculs dont je passe le détail et bien sûr, 31 % des gens nous ont dit vouloir voter pour qu’on s’occupe des questions sociales, économiques, culturelles, et 25 % pour soutenir un parti qui propose une société juste, verte et solidaire. Je vous donne là les deux premiers choix au hit parade des cinq affirmations figurant sur le papier de « sondage ». Et je ne suis pas étonné de ces réponses. Certes, le jeu était un peu téléphoné mais parce que nous sommes aussi des citoyens et que nous savons ce que vivent les gens, il était inutile donc de recourir aux instituts spécialisés, aux experts tôt le matin à la radio : la réalité molenbeekoise n’a pas besoin de cela, il suffit d’y vivre... Après le marché, les rues étaient tapissées de papiers électoraux. Parmi les papiers au sol certaines couleurs dominaient ! Les tracts de partis qui avaient le plus distribués jonchaient le plus le sol. À moins que ce ne fut le fait de ceux qui avaient le moins convaincu ! Vous devinez bien qu’en disant cela, c’est que j’ai constaté que nos tracts dominaient peu au nombre des « tracts par terre » ! Ecolo bénéficie d’une sympathie réelle auprès de la population. Faire campagne dans ces conditions demeure un plaisir. Ne pas se faire haranguer, ne pas essuyer du mépris, cela vous remonte le moral pour continuer. J’espère que nos élus rendront compte de cette confiance et n’oublieront pas que les citoyens gardent confiance au politique, même si c’est une confiance paradoxale. Paradoxale notamment pour la confusion des enjeux qui va avec la confusion des différents scrutins, paradoxale aussi pour la compréhension des difficultés que rencontreront nos élus face au mille feuille mondial où les pouvoirs politiques nationaux ont laissé la main à d’autres agrégats de pouvoirs.

Le long du Mettewie, nous sommes aussi passé, un autre jour, à la braderie. Les promeneurs étaient très mélangés en termes de classes et d’origine sociale. Ils ont dû venir de tout Molenbeek. Ainsi dans le haut, il est possible que se rencontrent le haut et le bas. Cela donne envie d’écrire aux fossoyeurs frustrés de la société pour leur demander d’arrêter de monter les gens les uns contre les autres ! Et de dénoncer ceux qui nourrissent les haines pour la responsabilité grave qu’ils portent.

En pleine campagne, les gens vous interpellent comme les politiciens qu’ils voient à la télévisions : tous les mêmes, rien ne change, à quoi cela servira de voter... Et nous les membres Ecolo de « base » (sauf Sarah qui était avec nous), nous avons du mal à répondre à ces critiques, pas vraiment tournées contre nous et pas éloignés de ce que nous ressentons : l’envie de dénoncer une impression de répétition du même. Mais c’est pour cela que nous militons ! Nous citoyens qui ne voulons pas laisser la politique à n’importe qui ! Nous citoyens qui pensons qu’Ecolo doit encore percer dans ce fameux paysage politique belge pour peser dans un jeu d’échec risible, s’il ne mettait l’existence des citoyens en jeu.

Oui, le ras-le-bol que causent les partis politiques nous rendent le militantisme difficile. Et je reproche à ces partis d’amener sur leurs listes tellement d’apprentis politiciens qui s’interrogent si peu sur la valeur et le rôle de faire de la politique. Un jour de campagne ordinaire, les citoyens (si peu actifs qu’ils sont aussi responsables) nous assimilent à tous les autres.

Constantin Lazarou Secrétaire politique

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