Réponse de l’échevin du logement à une interpellation lors du Conseil Communal du 24 janvier

Retranscription de la réponse de l’échevin du logement à une interpellation au Conseil Communal du 24 janvier 2013

Publié le vendredi 22 février 2013

Monsieur le président,

Monsieur le conseiller,

Mesdames et Messieurs les habitants,

Merci pour votre interpellation. Comme l’a souligné le Président du Conseil, je répondrai au nom du Collège en ma qualité d’échevin du logement et non comme un responsable de la société Le Logement Molenbeekois que je ne suis pas. Au-delà des cas individuels que vous soulevez, celle-ci nous permet d’évoquer la crise du logement en général. Un sujet qui nous préoccupe tous grandement, comme vous aurez pu le constater lors du dernier conseil déjà lorsque l’on parlait de taxation des logements insalubres. Nous connaissons les situations extrêmement difficiles que vivent beaucoup d’habitants de notre commune. A la télévision et dans les journaux, nous avons vu et lu les témoignages d’habitants, qui vivent dans les conditions difficilement vivables que vous avez décrites. Humidité s’accumulant sur les murs, exiguïté, aménagements datant d’un autre temps… On sait pourquoi on s’est engagé. Au cours des derniers mois, on a pu dialoguer de manière plus intense avec des citoyens qui vivent dans des conditions terribles. En voyant ces images, notre combat pour un logement décent n’en est que conforté. J’en viens plus concrètement à vos différentes questions.

Tout d’abord, vous me demandez ce que compte faire la commune par rapport à ces cas ? Comme échevin du logement, j’ai immédiatement demandé à la Cellule Logement de me faire un état de lieu des problèmes signalés par les locataires de ces habitations. En effet, la Cellule logement de la commune agit uniquement sur plainte des habitants, dans leur intérêt, sans accepter aucune pression. Oui, la commune a donc le droit de contrôler. Et elle le fait, avec la Région. Lorsqu’un habitant signale le cas difficile de son habitation à la Cellule Logement de la commune, que le logement soit privé ou public, celle-ci prend ses responsabilités. Elle visite le logement, en contact avec la Direction régionale du logement. Les logements sont tantôt déclarés conformés au regard du Code du Logement. Tantôt pas. Cela ne signifie pas pour autant qu’ils sont exempts de problèmes, de pollution intérieure par exemple. Il arrive qu’un logement en mauvais état ne répondent pas à la définition légale d’ « insalubrité ».

Rien que pour le logement public, la Cellule logement communale a écrit à 13 reprises, dans 13 logements, et rencontré les responsables, ces 3 dernières années. Mais elle n’agit pas à la place de ces sociétés publiques pour rénover leur bien si cette solution est adéquate. Pour en venir à un cadre plus large que les cas que vous citez, ce qui est souvent en cause, vous le citez : c’est la surpopulation. Beaucoup de personnes dans un petit logement, cela crée souvent de la condensation et donc de l’humidité. Vous pouvez faire des travaux dans un tel logement construit à une époque où l’on était moins attentif à la ventilation et au confort minimum des habitants, les années 30 par exemple, la condensation reviendra toujours, au détriment de la santé des occupants. Nous le déplorons.

Vous l’avez souligné : humidité et surpeuplement vont de pair. Le surpeuplement n’intervient jamais quand les gens emménagent. Les règles régionales permettent d’éviter qu’une famille de 5, 6 ou 7 personnes s’installent au départ dans un logement d’une seule chambre. Mais bien entendu, libre aux personnes d’agrandir leurs familles et d’y habiter plus nombreux. Ils peuvent alors demander une mutation vers un logement plus grand. Encore faudrait-il que ces logements publics de 3, 4 ou 5 chambres existent… Pour l’instant, autant chercher une aiguille dans une botte de foin.

Regrettons cette situation dramatique pour les citoyens en détresse : tous opérateurs publics confondus, sur Molenbeek, il n’y a qu’au soixantaine de logements publics occupés de 4 ou 5 chambres, pour plus de 600 sur-occupations, et plus de 500 demandes de mutation. La période d’attente constatée varie pour l’instant, suivant les catégories, suivant les opérateurs, et suivant les règles d’attributions et de priorités trop longues à détailler ici, de 6 à plus de 15 ans. Et ceci, alors qu’on connaît plus de 2000 demandes dans ces catégories, dont un quart de demandes de mutation dans un logement adapté. Je le disais : on sait pourquoi on se bat.

Soyons clair : en regard des besoins sociaux et de la crise économique, sociale et environnementale, la situation actuelle pour le logement accessible dans la commune est donc ca-ta-stro-phique. Spécialement dans le cas des grandes familles. Alors, que propose la nouvelle majorité ? La nouvelle majorité entend prendre le problème du mal-logement et du manque de logements accessibles, de qualité, bien isolés et bien ventilés… à bras le corps.

La nouvelle majorité entend construire davantage de logements sociaux, à la fois via les opérateurs régionaux que sont la SLRB et le Fond du Logement, que via les logements communaux. Il s’agit aussi de prendre plus de logements privés en gestion publique notamment via les agences immobilières sociales, dont les agences immobilières sociales, MAIS comprise. Il s’agit de mener des opérations-tiroir pour reloger les personnes pendant qu’on rénove le bien qu’elles occupent. Ce sera notamment le cas de la Tour Brunfaut.

Sans dévoiler dans les détails le contenu et surtout les chiffres de la note de politique générale que nous vous présenterons en février, je peux vous le dire dès maintenant : nous voulons rénover plus de logements, en améliorant leur qualité et en les adaptant aux familles d’aujourd’hui. Nous ne voulons plus bricoler mais rénover durablement. Nous voulons des logements de toutes sortes dans tous les quartiers. Nous voulons plus de logements publics accessibles, plus et mieux de logements sociaux durables. Nous utiliserons toutes les pistes possibles.

Comme échevin exclusivement sur le logement et les propriétés communales – un signe – , je peux vous dire que, dès qu’il aura chacune des structures en main, en travaillant avec les conseils d’administration concernés, le nouveau Collège s’attellera avec vigueur à lutter contre la crise du logement à Molenbeek. Merci de votre attention.