Quel soutien communal aux associations oeuvrant au vivre ensemble et à l’émancipation dans nos quartiers ?

Interpellation de Sarah Turine au Conseil Communal du 21 janvier 2010 sur le soutien communal pour les associations oeuvrant au vivre ensemble et à l’émancipation dans nos quartiers

Publié le jeudi 21 janvier 2010

Nous sommes venus régulièrement sur ce sujet ici, et notamment suite aux évènements violents qu’ont connus certains de nos quartiers. Nous devons tout mettre en œuvre pour combattre la dualisation de notre région, de notre commune. Dualisation, on l’a déjà dit aussi, qui peut-être socio-économique, territoriale, scolaire, culturelle et religieuse.

Parmi les nombreuses actions à mener et les publics à cibler pour combattre cette dualisation et permettre l’émancipation de toutes et tous et améliorer le vivre ensemble, il y a le soutien à l’émancipation des jeunes. Et dans ce domaine-là, il n’y a actuellement certainement pas trop d’initiatives menées, que du contraire. Il s’agit donc de soutenir ces initiatives, surtout quand elles font un travail de qualité et amenant des résultats positifs.

Vous connaissez l’asbl « Repères » qui mène depuis plusieurs années, d’abord à Saint-Gilles, ensuite à Molenbeek, un travail important d’écoute et de mise en paroles des jeunes. Leur travail, porté avec enthousiasme et conviction par des animateurs bénévoles, commence à être réputé au-delà de Molenbeek et au-delà de Bruxelles, notamment de par leur démarche originale et efficace qui est en fait un réel travail d’éducation à la citoyenneté.

Cette association, malgré le succès qu’elle remporte auprès des jeunes, chaque fois plus nombreux lors de leurs séances de « paroles aux jeunes » du vendredi soir, est sur le point de mettre la clé sous le paillasson.

Pour cette association de fait, née d’une expérience d’un « Repris de Justesse », selon les mots de son fondateur, et qui s’est établie en réelle asbl il y a à peine un an, le parcours du combattant pour obtenir la reconnaissance institutionnelle nécessaire à l’obtention de certains subsides (notamment du côté de la COCOF ou de la Communauté Française) est long. Ils ne désespèrent pas d’y arriver, mais en attendant, ils sont pour l’instant coincés et condamnés à suspendre leurs activités.

Après une première collaboration avec la Cles-Sports qui leur ouvrait ses locaux rue de l’intendant, le vendredi soir, ils ont loué un local grâce à une subvention privée pendant quelques mois, avec le gros avantage qu’il pouvaient y laisser de façon permanente leurs installations et leur matériel. Mais cette subvention était de courte durée, ils ont continué de financer de leur poche la location et aujourd’hui ne savent plus la payer.

Il semble qu’à l’heure actuelle, les relations entre l’asbl et la commune ne soient pas faciles.

Vu le travail formidable et tout à fait nécessaire que mène cette asbl, même si elle ne rentre pas dans le périmètre des asbl communales et que ses objectifs et ses méthodes de travail peuvent éventuellement s’en différencier, il me paraît tout à fait essentiel qu’elle soit soutenue tant le besoin auquel elle répond est criant. J’aimerais entendre, Monsieur le Bourgmestre, Messieurs les échevins, votre point de vue sur le sujet.

Sarah Turine