Problèmes au sein de l’asbl de lutte contre l’exclusion sociale

Interpellation de Sarah Turine au Conseil Communal de Molenbeek-Saint-Jean du 25 octobre 2007

Publié le jeudi 25 octobre 2007

Lors de la présentation du diagnostic local de sécurité et du plan stratégique de sécurité et de prévention de la commune de Molenbeek, en avril dernier, nous avions interpellé le Conseil Communal sur des motifs similaires à ceux qui sont aujourd’hui dénoncés par les syndicats de la LES, à savoir les problèmes d’encadrement et de gestion des ressources humaines de la LES.

Je voudrais reprendre ici quelques-uns des symptômes avérés d’une institution malade qui démontrent, selon nous, combien la politique d’engagement que vous avez mise en place a atteint ses limites :

- On constate un turn-over important parmi le personnel le plus diplômé, qui part écœuré de certaines pratiques.
- On retrouve à des postes à responsabilité des gens n’ayant aucune formation et ne faisant pas preuve des compétences nécessaires pour les responsabilités qu’ils portent.
- On constate un taux d’absentéisme excessif de la part d’un certain nombre de travailleurs, à responsabilité ou non, qui tend à s’étendre à d’autres puisque il y a un laisser faire qui pousse à une perte d’enthousiasme des autres travailleurs.

Ce ne sont que quelques exemples qui font partie d’un ensemble plus vaste de dysfonctionnement total dans la gestion des ressources humaines. Dysfonctionnement qui, non seulement, est néfaste pour les travailleurs eux-mêmes (saluons d’ailleurs le courage de ceux qui poursuivent leur travail consciencieusement malgré ces conditions difficiles) mais dysfonctionnement qui est tout aussi néfaste pour le projet, qui est transformé dans la réalité en non-projet absolu.

Il suffit de pousser la porte du bâtiment situé rue de l’Intendant pour se rendre compte que les mots couchés sur les rapports n’ont aucun lien avec la réalité qu’ils sont sensés décrire. Un beau bâtiment certes, mais vide de vie, vide de projet. En plein mercredi après-midi, alors que le tableau des animateurs annonce la présence d’une huitaine d’animateurs et de différents groupes, seuls trois animateurs sont présents et seul un groupe de petits utilise l’espace. Les murs sont gris, vides, sans aucune décoration pouvant laisser entrevoir des projets passés ou futurs. Pour seule décoration, outre les grandes affiches Electrabel dans la salle de sport, un immense distributeur de coca-cola à 50 centimes ! Vendre une boisson sucrée à un prix défiant toute concurrence dans un lieu sensé aider à la cohésion sociale par le sport, est-ce cela l’unique projet de la CLES-Sport ?

Et je pourrais continuer, car la liste est longue. Très longue. Il est temps, plus que temps de voir la réalité en face et de prendre les décisions qui s’imposent face à un tel dysfonctionnement. C’est pourquoi nous demandons au Collège :

- De reconnaître que la manière dont la LES est gérée aujourd’hui n’est pas idéale
- Après avoir consulté les institutions de référence en matière d’encadrement (comme l’ONE), de rencontrer les syndicats du personnel autour d’un document présentant l’ensemble de l’organigramme de la LES, poste par poste, avec, à chaque fois, un profil détaillé de la fonction exercée et le diplôme requis pour l’exercer.

- Une fois ce document présenté et approuvé par le conseil communal, nous demandons à ce qu’un plan de formation continuée soit mis sur pied pour le personnel déjà en place, de manière à ce qu’il atteigne le niveau de compétence exigé.

- Au conseil communal d’octobre 2008, de présenter une évaluation du dispositif mis en place.

Sarah Turine