Maison de repos du CPAS (Arcadia) : conséquences négatives de la fermeture de 40 lits

Publié le vendredi 15 juin 2012

La presse s’est largement faite l’écho ces dernières semaines de polémiques autour d’Arcadia. En décembre déjà, le front commun syndical CSC-CGSP-SLFP avait exprimé son mécontentement après l’annonce de la fermeture de 40 lits (sur 260 lits agréés), ses craintes par rapport à l’emploi. Et nous étions intervenus en conseil communal à ce sujet.

La tension est montée d’un cran avec la lettre ouverte de médecins portant sur l’état de santé des résidents et affirmant qu’il y avait eu une surmortalité durant les deux premiers mois de l’année, surmortalité attribuée par certains à la suppressions de lits, à des déménagements non préparés et à la réduction du personnel.

La pertinence des statistiques avancées, les corrélations faites pour établir ce diagnostic inquiétant méritent sans doute la plus grande circonspection, comme l’indiquent aussi les réactions de certains médecins signataires qui estiment que leur confiance a été abusée quant à l’interprétation des chiffres. Mais ces signatures témoignent en tous cas d’un sérieux malaise, d’un problème de gestion des ressources humaines qui n’est pas sans conséquences sur le bien-être des résidents.

L’administration de la Cocom a réalisé, à la demande des membres du collège, une inspection dont il ressort que le home satisfait aux normes imposées par les autorités fédérales (62 ETP pour 45,75 imposées) et estime de surcroît que la réorganisation s’est faite dans les règles. Eu égard aux réactions et témoignages de nombreux travailleurs, cela semble une vision fort théorique.

Nous savons cependant qu’il peut y avoir des écarts entre les normes théoriques et ce qui se passe réellement sur le terrain, ne fut-ce qu’en raison de congés de maladie et d’autres causés d’absence.

Les responsables communaux ont expliqué avoir pris ces mesures pour raisons budgétaires, le CPAS ayant connu des « dérapages budgétaires » importants. Le CPAS de Molenbeek paie les séjours en maison de repos des habitants de la commune, pour la part qui dépasse leurs ressources propres et les possibilités des familles. A cet égard, si une vente de lits peut sembler un choix budgétaire raisonnable à court terme, il risque de coûter cher à moyen terme aux finances communales.

Le Collège a-t-il entrepris, en collaboration avec la direction du cpas, des mesures pour éviter a l’avenir un "dérapage financier" reste inexpliqué, comme celui qui a provoque la décision de fermer ces lits et de diminuer la taux d’encadrement des personnes âgées ?

Enfin, sur le centre du débat qui a fait l’actualité, je regrette l’absence de réponse précise en ce qui concerne le nombre de décès. A ce jour, toute personne qui échappe aux autres causes de décès, meurt de vieillesse. Malheureusement, dans un home, la durée de vie moyenne est courte. Une information chiffrée précise sur le caractère anormal ou non du nombre de décès en janvier et février peut-elle être donnée ?

Pour lire l’interpellation et la réponse en conseil communal : http://www.molenbeek.be/vie-politiq...